Comme des millions de Français, nous avons suivi, sur France 2, BFM TV et TF1, les débats et interventions, les commentaires et commentateurs essayant de dire quelque chose d’intéressant et de censé… Et quelle ne fut pas notre déception !

Phrases creuses, discours plats, invectives déplacée ont recouvert cette soirée électorale caractérisée par le manque de politesse et de savoir vivre des uns et des autres. Journalistes et hommes politiques, sans distinction, se sont comportés comme enfants de 6 ans à la récréation, dans un cours d’école républicaine et laïque classée Zone d’éducation prioritaire (ZEP) !

Quel manque d’élégance et de respect de l’autre ! Sur les différents plateaux de télévision, il n’y en avait pas un pour rattraper l’autre !

Et vas-y que j’te coupe la parole, que j’tinsulte… C’est quoi cette politique spectacle ou chacun a appris son texte sans écouter l’autre ? Dialogue de sourd ! Des acteurs qui se renvoient la réplique mais qui n’ont pas le même auteur ! Il faut le faire !!! Voilà où nous en sommes, voilà les politiques que nous Français, avons élu, que nous élisons !

Une pensée pour notre président, un tel travailleur, qui a voulu tellement contribuer au redressement de son pays, qui s’est donné corps et âme et tout ça pour assister à la récréation des sales mômes le soir des élections ?

Aujourd’hui en France, lorsqu’un homme politique est élu, il est persuadé que les électeurs ont choisi le meilleur, c’est-à-dire lui, et que, de ce fait, il a en tout état de cause, raison… Et l’élu oublie alors le dialogue, plein et fier de sa réussite que personne ne peut lui enlever, jusqu’aux élections suivantes. Mais nos hommes politiques se sont-ils posée la question : si tous les candidats à une élection sont des buses, le peuple élira une buse ! Et la buse croira qu’elle n’en est pas une !!!

Mesdames, messieurs, respecter les valeurs de notre pays c’est commencer par avoir une bonne éducation !

Même si vous croyez que cela marche, ce n’est pas celui qui gueule le plus fort qui gagne !

Mélenchon a essayé… Patience, qualité d’écoute, attention, précision, respect… Est-ce si compliqué que cela quand on est un homme intelligent de laisser quelqu’un dire une connerie ?

Monsieur le président, votre adversaire est une buse. Laissez-le vous invectiver, laissez-le cracher son fiel, écoutez-le attentivement, respectez-le. Nous vous en conjurons, redonnez à l’homme politique, au-delà de sa performance et de ses forces, la dimension humaine et noble que notre espèce et notre culture ont mis tant de siècles à acquérir.

On entend souvent l’expression « animal politique » employée comme une qualité, eh bien nous croyons fermement, Monsieur le président, que ce n’est pas vous la bête. La bête qui vocifère en écartant les bras tel un prophète ou un libérateur et dont les prophéties sont des mensonges et qui ne libèrera rien car personne n’est prisonnier, cette bête-là doit être battue ailleurs que dans la cours d’école !

Monsieur le président, vous ne serez pas élu parce que vous êtes le moins mauvais, vous n’obtiendrez pas le pouvoir par défaut, mais bien parce que vous êtes le plus intelligent, le meilleur.

On a beaucoup reproché à Valery Giscard d’Estaing, avec l’affaire des diamants, de ne pas avoir répondu à toutes les questions des journalistes de l’époque, de ne pas avoir répondu à la bassesse de leurs attaques. On a même dit que c’est ce qui lui avait coûté la défaite de 1981.

En vérité je vous le dis, ne cédez pas à la perversion d’une presse qui ne travaille pas. Cette presse aujourd’hui ne cherche plus à comprendre ou a informer. Elle ne cherche qu’à faire des articles qui vont se vendre ou être téléchargés. Cette presse-là vous aimera ou vous détestera en fonction du vent !

Nous savons que vous pouvez mettre en oeuvre la politique dont notre nation a besoin.

Nous savons que nous pouvons compter sur vous.

Mais une fois encore, dites à vos représentants et vos élus, de montrer l’exemple : une bonne tenue, un langage châtié, un respect de l’adversaire… C’est peut-être par-là qu’il faudrait commencer pour marquer la différence et représenter, comme il se doit, les citoyens qui resteront fiers du savoir vivre et de la bonne éducation… tout simplement parce que les discours deviennent alors plus clairs et moins inaudibles.

Nos hommes politique doivent montrer l’exemple et nous comprenons la tentation de la passion pour convaincre… Mais aujourd’hui, dans des temps si mouvementés, c’est de raison dont le peuple a besoin.