Chacun d’entre nous commence à faire ses projections pour 2012. Il y a ceux qui savent déjà pour qui ils voteront, par habitude, par conviction ou encore par instinct génétique, et puis les autres. Ceux qui se disent qu’ils voteront pour le candidat qui leur proposera le meilleur projet, les meilleures solutions pour répondre aux problématiques quotidiennes de notre pays. Nous faisons partie de cette catégorie et sommes profondément conscient que l’on peut être partisan sans forcément laisser guider sa conscience par un appareil.

L’esprit doit être libre et doit avoir « l’autorisation de s’exprimer » quoiqu’il arrive. En France cela est souvent, hélas, réprimé  même si beaucoup ont pris conscience qu’il ne pouvait y avoir qu’une idéologie partisane et que l’on pouvait se dire membre d’un groupe sans en partager toutes les convictions… Ceci posé, c’est donc sans crainte et fort de notre autorisation à « penser dans les milieux autorisés » que nous nous autorisons quelques suggestions aux futurs candidats. Plus que des suggestions de programmes électoraux, il s’agit-là  de pistes, voire de solutions, pour remettre un peu d’ordre dans l’esprit de nos concitoyens mais également dans l’esprit de nos institutions, de notre pays dont il faut bien avouer, la stratégie intellectuelle est de plus en plus contestée.

Par ailleurs, après ce postulat de départ qui s’apparente plutôt à une mise en garde du lecteur qui peut, dès ce point cesser sa lecture s’il craint d’être choqué, nous en posons un deuxième : notre réflexion ne s’étaie ni sur le politiquement correct, ni sur la bien-pensance et encore moins sur les considérations technocratiques qui vont immédiatement nous dire que « c’est techniquement impossible ». Nous répondons déjà « qu’à l’impossible nul n’est tenu ». Pourtant une idée, si elle est bonne, ne doit pas être tuée par fainéantise… L’impossibilité à souvent bon dos.

Hors donc nous suggérons 4 idées qui pourraient devenir 4 mesures, et pas 315 propositions attaliennes de 2008 dont nous avons vu certains effets, pervers.

 

1- Restaurer la conscription pour les jeunes hommes de 18 ans

Tous les acteurs sociaux mais également bon nombre de citoyens se plaignent du manque de reconnaissance de l’autorité, qu’elle soit parentale ou sociale, des jeunes hommes et femmes française.

Des gamins de 10 ans croient dorénavant qu’il n’y a pas plus fort qu’eux, qu’il suffit d’être armé pour avoir le dessus… Il semble qu’il n’y a pas si longtemps, la majorité des hommes de la nation apprenait, tôt ou tard (entre 18 et 25 ans) que dans un peloton, il valait mieux que le sergent vous ait à la bonne… Et les fiers-à-bras, en général, ne résistaient pas longtemps même s’il y a toujours eu des exceptions. Apprendre la docilité et encadrer temporairement les ardeurs de nos jeunes était une des nombreuses vertus du service militaire obligatoire. Il permettait également, pendant 10 mois, d’enseigner les VALEURS républicaines.

Nous entendons des voix qui s’élèvent pour crier : c’est impôôôssssible ! Ça coûterait bien trop cher !! Réponse : peut-être mais nous ferions un bon paquet d’économies en prévention, en chômage, dans les administrations où l’on employait beaucoup d’appelés du contingent pour pas grand chose et qui représentaient une aide sérieuse aux équipes, on économisait également sur les entreprises de déblaiement lors de catastrophes naturelles, on faisait tourner l’économie liée au textile militaire, aux transports, en matière de prestations sociales le régime était différent, on avait des études sérieuses sur l’état de santé de notre jeunesse, etc.

Si l’on regarde en coûts directs, la surpression du service militaire a  permis d’économiser 3 milliards d’euros mais quel est le coût réel global ? L’Amiral Béreau en 2006, avait proposé une alternative pour un service civil obligatoire s’inspirant de l’expérience allemande. Nous pensons que cette solution, peut-être moins coûteuse pour l’État n’apporterait pas les mêmes résultats. Il ne faut pas oublier que la crise majeure de notre jeunesse est est avant tout une crise de l’autorité. Bien sûr certains dirons mais non, c’est le chômage… À ceux-là nous répondons deux choses : d’une, aucune société au monde vous DOIT un emploi enfin,  deux, on peut être sans emploi et respectueux de l’autorité. Être jeune n’est pas une excuse valable et suffisante pour faire toutes les conneries du monde.

Certes, il y aurait beaucoup de conséquences, notamment sur les cursus universitaires… mais il n’y a pas si longtemps, les reports existaient et bon nombre d’appelés réussissaient leur études malgré leur obligations militaires…

2- Mettre en application le principe de la tolérance 0

Les infractions ne doivent pas rester impunies, quelles que soient leur nature. Non pas parce que la sanction est supposée réduire la récidive mais tout simplement parce que nous le rappelons, notre liberté et notre démocratie ne sont possibles sans le strict respect des lois et réglementations. Sans ce strict respect la liberté des uns empiète sur celle des autres. On ne peut exiger des automobilistes de respecter toutes les règles du code de la route sans le faire pour les motocyclistes, les cyclistes et les piétons. Ils partagent tous la même route dans les villes et sont tous responsables, ni plus ni moins. Le piéton qui traverse de manière anarchique doit être sanctionné au même titre que le cycliste qui ne respecte une priorité à droite ou le motocycliste qui remonte une file en sens inverse. Certes la sanction devra être proportionnelle à la gravité de l’infraction. Mais la loi doit absolument être la même pour tous (et le concept n’est pas nouveau !!!). Les comportements irrespectueux engendrent une chaîne d’actions contraires aux règlements. Nous sommes tous responsables et à tous les niveaux. Autres exemples, un papier jeté par terre doit être sanctionné au même titre qu’un graffiti sur un mur, une fraude aux assurances sociales au même titre qu’une fraude fiscale et ainsi de suite. On sait par exemple que le taux de délinquance est fortement lié à la dégradation de l’environnement : la dégradation, quelle qu’elle soit est donc facteur de délinquance. C’est donc un système global de respect des autres et des espaces de vie qu’il faut mettre en place et pour ce faire une seule solution : faire respecter les lois. Il est donc essentiel que chaque représentant de la loi sanctionne systématiquement les manquements constatés. Il faut renforcer les forces de police et  renforcer leur encadrement et renforcer également les sanctions à leur encontre en cas de manquements constatés. Dans ce cadre il sera également essentiel d’augmenter les capacités de l’appareil judiciaire… Bref, tenter de mettre un terme aux différents sentiments d’impunité. Ainsi, une peine de prison ne devrait pas être systématiquement divisible par deux car on sait bien aujourd’hui que bon nombre de délinquants font un calcul simple : condamnés à 6 ans ils n’en feront que 3 et que finalement 3 ans de prisons quant on a réussi à mettre beaucoup d’argent de côté, illégalement et à l’étranger, ce n’est peut-être pas un mauvais calcul…

3- Développer le système carcéral en multipliant les partenariats public-privés

La mise en œuvre de la tolérance 0 à une conséquence directe sur l’évolution de la délinquance (v. les exemples anglosaxons) mais génère mécaniquement une augmentation du nombre de détenus. Ces détenus doivent pouvoir réaliser leurs peines dans des conditions humainement acceptable. Les prisons ne doivent pas, elles non plus échapper au respect de la réglementation. Il est inconcevable d’entasser 6 détenus dans des cellules prévues pour 3 ou 4. Il faut absolument améliorer le système carcéral. Nous avons évoqué plus haut la moyenne, excepté pour les peines incompressibles liées aux crimes les plus graves, qu’un détenu, en France, ne fasse que la moitié de sa peine. Cela dévalorise la décision du tribunal et nous le répétons, n’insiste pas le ‘voyou’ à respecter la justice. Pourtant, cette règle n’est apparue que parce qu’il n’y pas suffisamment de places et de structures dans notre pays pour garder la majorité des prisonniers le temps que la société leur a demandé de faire à l’ombre. Alors pourquoi pas développer les centres de détention en faisant appel à des fonds privés et confier, comme on l’a déjà fait dans de nombreux domaines, des délégations de service publics au secteur privé ? Ces délégations seraient bien évidemment placées sous l’autorité de l’administration pénitentiaire et surveillés par la Contrôleur général des lieux de privation des libertés dont il faudrait également renforcer les actions et les moyens.

 

4. Relancer le service public à la française

Ces dernières années il s’est passé quelque chose d’étonnant. Les Français en avaient marre de leurs fonctionnaires qu’ils payaient à rien faire. Il n’y a d’ailleurs pas un seul fonctionnaire nous lisant qui ne pensera pas automatiquement aux tables auxquelles il a déjà été assis à répondre aux moqueries plus ou moins fines du travail et de la compétence de ses semblables… Les Français ont donc élu celui qui avait promis qu’il « casserait » du fonctionnaire. Que les électeurs soient ravis : c’est fait. Seulement, la révision générale des politiques publiques a eu un effet pervers : en voulant économiser et rationaliser, pour aller plus vite, nos grands directeurs d’administration, pressés d’atteindre leurs objectifs (car ils sont liés à une belle prime annuelle) d’économie n’ont pas tenté d’améliorer l’efficacité du travail de leurs équipe : ils les ont tout simplement réduites. Moins de fonctionnaires donc moins de dépenses, c’est logique.

Le problème c’est que l’on a pas viré les moins bons ou les moins motivés, on a viré en fonction des montants économisables. A ceux qui restent de continuer à fournir aux citoyens un service de qualité en se débrouillant… Au lieu de chercher à améliorer les procédure, à les affiner ou éventuellement à les supprimer, on a décidé de les annuler : c’est plus rapide et plus simple… Trop d’hôpitaux, hé bien vous n’avez qu’à prendre votre voiture et aller dans la grande ville la plus proche ! Vous n’avez pas de moyen de transport ? Ben démerdez-vous !

Il fallait faire peur à l’administration qui se croyait protégée par une sorte de contrepouvoir, c’est fait.

Il fallait diminuer le nombre de fonctionnaires, c’est fait.

Il fallait faire des économies, c’est fait.

Résultats : forces de l’ordre démunies et démotivées, justice au ralenti, soins médicaux de moins en moins équitables.

 

Les Français ont voulu voir que l’on cède à leur caprice : le Président l’a fait conformément à ce qu’il avait annoncé pendant toute sa campagne en 2006-2007.

Les Français ont donc pu constater que finalement, cette administration qu’ils raillaient tant est sûrement nécessaire à leur tempérament et à leur idée du bien vivre. Il est donc peut-être temps, riche de cette expérience, de réinvestir dans le service public mais de manière cohérente et intelligente : réinvestir là où les manques sont manifestes. Et pour les esprit chagrins qui évoqueront immédiatement le coût, là-encore, nous disons qu’il faut impérativement prendre en considération non seulement le coût chargé d’un fonctionnaire mais aussi ce que son activité rapporte… Il ne peut y avoir de bilan sans balance.

Voici donc quatre idées, simples, sans besoin de réformer l’organisation institutionnelle du pays, qui pourraient nous redonner confiance en ce qu’un programme de campagne pour des présidentielles devrait être. Quatre idées qui donnent une perspective, un tendance et un avenir pour une nation qui perd, non pas son identité mais son originalité, sa spécificité, et surtout, son modèle démocratique qui s’essouffle, il faut bien le dire, un peu plus chaque jour.