DÉMISSION, n. f. [dɪˈmɪʃən] (late. demissio, abaissement, rapporté au sens de dimittere, abandonner, renoncer) Acte par lequel on renonce à une dignité, un emploi. Donner sa démission

Il y a quelques années, lorsqu’un ministre ou une personnalité politique faisant une faute manifestement grave et suffisamment connue pour qu’elle mette en cause le bien fondé de ses responsabilités, il était d’usage qu’il démissionne. Cette démission était soit totalement volontaire soit demandée (plus ou moins implicitement) par les supérieurs hiérarchiques concernés. On se rappellera par exemple, le choix d’un Lionel Jospin de ‘démissionner’ de ses activités politiques après l’échec de 2002.

La ‘démission’ était régulièrement utilisée dès que les mises en cause étaient trop importantes. Cela permettait de ‘dégonfler’ la polémique. Cela n’éteignait pas l’action mais avait le mérite de calmer les esprit.

Pourtant, pas facile de démissionner lorsqu’on est sûr de son bon droit. Pas facile de démissionner lorsque l’on est accusé à tort. Mais dans le même temps, ne devrait-on pas être conscient de ce risque lorsque l’on accepte de telles missions. Il y a quelques années nous employions encore l’expression « siège éjectable » que nous utilisions pour décrire le positionnement sensible de certaines fonctions.

Qu’un homme tienne parole, soutienne ses troupes, qu’il se comporte en bon chef d’équipe, en bon entraineur, en manager proactif, soit. Que le Président de la République soit ne force pas à la démission ceux en qui il a placé sa confiance, cela s’explique et même si en étant jusqu’au-boutiste cela finit par ressembler à un tempérament de fier-à-bras, cela peut s’expliquer voire se respecter.

Le tact dans l’audace c’est de savoir jusqu’où on peut aller trop loin.

(Jean Cocteau dans Le Coq et l’arlequin)

Plutôt Wagner que Mozart, soit. Mais que les ministres ou autres personnalités à responsabilités ne prennent pas conscience, d’elles-mêmes, du moment où il faut lâcher prise, ça c’est plus étonnant. C’est même inquiétant. C’est à croire qu’un ministre finit par réagir comme un fonctionnaire se targuant d’être « titulaire de son poste ».

Le peuple est inquiet. Le peuple a peur. Les Français, si attachés à la représentation nationale mais également à leur image internationale sont abasourdis. Le peuple a peur parce qu’il est conscient que les enjeux actuellement en cause aux Proche et Moyen Orient peuvent radicalement transformer leur pays, la France, demain. Non content d’être inquiets, ils sont perdus car ils n’arrivent même plus à être fiers de leur nation qui semble rater une page de l’histoire mondiale qui pourtant lui est si chère. C’est quelque chose que les Français ne pardonne et ne pardonneront jamais car c’est bien leur Histoire qui créée leur identité.

Il faut absolument redresser le barre et serrer les rangs !

Vous savez, Monsieur le Président, trancher et prendre des décisions.

Vous savez, Monsieur le Président, prendre vos responsabilités et vous mesurez l’ampleur de votre fonction.

Nous ne sommes pas Vian, nous n’écrivons pas de lettre pour échapper au service militaire et dire non à la guerre, nous sommes juste là, ici, pour vous demander de faire un geste fort, de reprendre la main :

MAM et Boris se sont plantés.

Comme vous l’avez souhaité pour les juges, les erreurs doivent être sanctionnées. Et MAM a bel et bien fait une erreur en réagissant d’une manière inappropriée au début de la révolution du jasmin, et Boris a carrément planté son arrivée alors qu’il devait recoller les morceaux…

Redonnez un sens à vos propos et sanctionnez les erreurs comme le ferait tout bon patron. Vous ne pouvez exiger des uns ce que vous ne vous imposez pas.