Vous le savez tous, depuis plusieurs jours, certains internautes « pirates » commencent à recevoir les courriels Hadopi. Les grands opérateurs se sont donc tous pliés à la loi même si certains ont eu l’air de faire de la résistance. Hé oui ! De la résistance. C’est ce qu’a fait Free en refusant d’envoyer ces courriels à ses abonnés. Pendant quelques jours les les freenautes se sont sentis pousser des ailes : leur opérateur les protégeait ! Le cours de l’action ILiad a en profité pour monter alors que depuis juin il avait bien du mal à retrouver ses valeurs de février 2010.

Free a donc bénéficié d’une belle aura de « défenseur des opprimés » ou de « protecteurs de délinquants » : question de point de vue.

Et puis, patatras ! On apprend que finalement l’opérateur accepterait de vendre ses adresses IP à la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet, à concurrence de 0,65 d’€ l’adresse de pirate… Pour certains éditorialistes l’État se couche face aux exigences de Free en acceptant d’indemniser un opérateur pour la mise en application d’une loi.

Mais pour nous, ce n’est pas l’État qui s’est couché mais bien l’opérateur qui négocie le prix de la vie… 65 centimes la dénonciation ! C’est pire que tout !

Dans les faits, Free a bien eu tout le monde et surtout ses clients en se faisant passer pour le bon samaritain alors que son objectif était duel : casser la spirale de la baisse de l’action ILiad et générer de nouveaux abonnements sur une publicité mensongère laissant croire que chez Free, Hadopi ne passerait pas…

Ce qui nous scandalise, et qui tranche, c’est l’attitude de Free. Il aurait été facile de faire comme tout le monde, d’appliquer simplement la loi comme les autre opérateurs. Mais non, Free, dans sa grande avarice, a décidé de franchir le pas de l’amoralité en pratiquant ce qui dans les faits ressemble à de la délation subventionnée… Encore une fois, même si, nous le répétons mille fois, il n’est pas sain de faire des amalgames, on ne peut s’empêcher de penser que ce principe a, par le passé, généré des catastrophes.

Nous pensons également à des hommes comme Oskar Schindler, qui, pour 7,5 Reichsmark achetait des employés juifs au quartier général SS de Cracovie afin d’éviter leur extermination. C’est drôle comme l’argent est capable du pire comme du meilleur.

Il semble que Free ne mérite plus sa raison sociale…

Que commercialement, cette boîte se moquait de ses abonnés en pensant qu’en étant le premier créateur de BOX cela suffirait à avoir une longueur d’avance, passe. Mais que l’on marchande, au centimes, la dénonciation ou pas d’un abonné, c’est juste atroce.

L’essentiel reste qu’il y a une loi et qu’il faut l’appliquer. Le téléchargement est illégal et les opérateurs sont acteurs de son application. Il n’y a pas de place pour les trublions lorsqu’il s’agit du respect d’autrui. Pour ce qui concerne Free, ben, comme le dit bien la publicité, il a tout compris… à vos dépens.